L’opposition de Sao Tomé demande une enquête sur les exécutions présumées lors de la tentative de coup d’État.

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Le Premier ministre de Santo Tomé et Príncipe, Patrice Trovoada. – LI XUEREN / ZUMA PRESS / CONTACTOPHOTO

Le principal parti d’opposition de Sao Tomé-et-Principe, le Mouvement de libération de Sao Tomé-et-Principe/Parti social-démocrate (MLSTP/PSD), a demandé une enquête immédiate sur les circonstances entourant la mort de quatre personnes lors de la tentative de coup d’État de vendredi dernier, ce qui pourrait indiquer des exécutions sommaires par les forces de sécurité.

«Les événements de la matinée du 25 novembre sont condamnés et le MLSTP souligne la torture et la fusillade de citoyens nationaux dans les locaux de la caserne de l’armée», a-t-il déclaré dans un communiqué rapporté par le média «Téla Nón».

Tout au long de la journée d’hier, les informations ont été extrêmement contradictoires. Alors que lors de son discours à la nation, le Premier ministre Patrice Trovoada a fait état de l’arrestation de six personnes, «Téla Nón» a publié plus tard que quatre d’entre elles avaient été tuées, dont Arlécio Costa, ancien officier d’un bataillon de mercenaires sud-africains connu sous le nom de «Buffalo».

Costa et trois autres des hommes qui ont pris d’assaut le quartier général de l’armée ont été transférés à la morgue de l’hôpital central Ayres de Menezes, selon le journal, qui a également publié des photographies des morts, non vérifiées par les autorités.

«Nous condamnons avec véhémence la manière barbare dont les citoyens ont été violemment torturés et exécutés dans les locaux du siège, en violation flagrante des droits humains les plus élémentaires, comme l’illustrent les images violentes qui ont circulé sur les réseaux sociaux», a fait savoir la commission politique du parti.

Le parti «déplore» le «silence compromettant» du président, Carlos Vila Nova, «en tant que commandant suprême des forces armées et défenseur maximal de la Constitution de la République».

Enfin, le MLSTP/PSD soutient que les événements du 25 septembre doivent faire l’objet d’une enquête impartiale «par les institutions nationales compétentes accompagnées d’experts internationaux indépendants, sous l’étroite surveillance de la communauté internationale», souligne la commission politique sociale-démocrate.

Le parti, dirigé par Jorge Bom Jesus, a également annoncé qu’il avait proposé à l’Assemblée nationale de programmer un débat d’urgence avec le gouvernement pour discuter des événements du 25 novembre.