
Le ministre israélien de la Justice, Yariv Levin, a accusé dimanche le procureur général Gali Baharav-Miara et la présidente de la Cour suprême Esther Hayut d’avoir tenté de «monter un coup d’État» contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu en admettant à l’audience l’appel d’un groupe contre la réforme judiciaire très controversée du gouvernement.
M. Levin a notamment condamné la décision de la Cour suprême d’examiner une pétition déposée par un groupe d’avocats et d’activistes, le «Quality Government Movement», visant à contraindre le Premier ministre à prendre un «congé». La pétition fait valoir que M. Netanyahu, en cherchant à adopter des changements judiciaires radicaux, viole un accord de conflit d’intérêts qui l’empêche de participer à des affaires qui pourraient affecter son procès pour corruption en cours.
Le bureau du procureur israélien a été contraint de nier avoir pris position en faveur de la pétition, comme l’ont affirmé les médias israéliens. En tout état de cause, les arguments doivent être présentés au plus tard le 12 mars.
«Une tentative de renverser un premier ministre contre la loi et en piétinant les élections démocratiques n’est pas différente d’un coup d’État mené avec des chars», a déclaré Levin dans des propos rapportés par le Times of Israel.
» L’intention est la même intention, et le résultat est le même résultat. Nous ne permettrons pas cette tentative de coup d’État, qui illustre l’urgence d’une réforme du système judiciaire, afin de rétablir la démocratie et l’équilibre des pouvoirs entre les autorités gouvernementales», a-t-il déclaré.
Les détracteurs de la réforme affirment qu’elle porte atteinte à ces contrôles et équilibres, si elle est approuvée par la Knesset (le parlement israélien), en donnant au gouvernement le contrôle du comité de sélection des juges et en limitant l’autorité des conseillers juridiques.
La réforme a suscité des critiques de toutes parts, à commencer par la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, qui a accusé Levin en janvier d’être à l’origine d’une «attaque effrénée contre le système judiciaire». Selon un sondage publié par Channel 12, 31 % des personnes interrogées demandent l’annulation de la réforme et 31 % souhaitent son report. Seuls 24 % souhaitent que la réforme soit poursuivie.
Bien que M. Netanyahu ait promis d’écouter toutes les parties et de répondre aux plaintes, la protestation a donné lieu à des manifestations massives chaque samedi soir et une grève générale est prévue pour lundi, coïncidant avec le premier vote sur le projet de loi.
Le président américain Joe Biden est allé jusqu’à demander au Premier ministre Netanyahou de créer un «consensus» populaire autour de la réforme controversée, dans des remarques inhabituelles pour un dirigeant américain qui s’exprime aussi ouvertement sur une question intérieure israélienne.
«Il est important de parvenir à un consensus sur les changements fondamentaux», a déclaré M. Biden à propos de la réforme, «afin de s’assurer que les gens les acceptent et qu’ils puissent être soutenus par celle-ci.
Source: (EUROPA PRESS)






