
Le gouvernement turc envisage de lever son veto à l’adhésion de la Finlande à l’OTAN le mois prochain mais maintiendra son refus d’autoriser la Suède à rejoindre l’Alliance atlantique, a laissé entendre le président turc Recep Tayyip Erdogan le week-end dernier et des sources proches des discussions ont confirmé à Bloomberg vendredi.
Dimanche, Erdogan a laissé entendre qu’il donnerait à la Finlande une réponse «différente» de celle de la Suède dans le cadre des efforts déployés par les pays nordiques pour rejoindre l’OTAN. Rappelons qu’Helsinki et Stockholm ont demandé à adhérer simultanément au bloc pour se protéger de la menace russe en pleine guerre en Ukraine, mais la Turquie, qui dispose d’un droit de veto, exige en contrepartie qu’ils cessent d’héberger des individus désignés par Ankara comme terroristes en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
La convocation d’élections générales en Turquie le 14 mai a accéléré le calendrier de la décision de la Turquie, car le parlement national suspendra ses fonctions le mois prochain, ce qui empêcherait le gouvernement turc de prendre une quelconque décision sur la question avant l’ouverture d’un nouveau cycle de gouvernement.
Les sources de Bloomberg ont expliqué qu’à l’heure actuelle, le gouvernement turc est très satisfait de la réaction d’Helsinki à ses demandes, notamment après la levée, la semaine dernière, d’un embargo sur le commerce des armes avec la Turquie, une autre des demandes des autorités turques.
En effet, la première ministre finlandaise Sanna Marin a confirmé jeudi que son pays avait «résolu les problèmes soulevés par la Turquie», bien qu’elle ait toujours utilisé le pluriel pour désigner les «demandes» formulées conjointement par les deux pays nordiques. «Il est important que nous envoyions un message clair : l’adhésion conjointe est dans l’intérêt de tous», a-t-elle ajouté.
Les relations entre la Turquie et la Suède, ajoutent ces sources, sont beaucoup plus difficiles. Erdogan les accuse de détenir 120 «terroristes» sans les livrer – «S’il n’y a pas d’extradition, je suis vraiment désolé», a-t-il déclaré – et le récent brûlage du Coran devant l’ambassade de Turquie par l’extrémiste de droite suédo-danois Rasmus Paludan, auquel les autorités suédoises ont décidé de ne pas donner suite par respect de la liberté d’expression, a encore tendu l’atmosphère.
Le gouvernement suédois a promis de renforcer sa loi antiterroriste mais a demandé un délai de mise en œuvre du projet, estimé à six mois, qu’Ankara n’est pas disposé à accepter. «La Turquie veut des choses que nous ne pouvons et ne voulons pas lui donner, et maintenant la décision appartient aux Turcs», a déclaré le Premier ministre suédois Ulf Kristersson au début du mois dernier lors de la conférence «People and Defence» à Stockholm, rapporte le quotidien «Aftonbladet».
Source: (EUROPA PRESS)






