
Le président lituanien Gitanas Nauseda a demandé jeudi à la Commission européenne que Bruxelles impose des sanctions plus fortes à l’encontre de la Russie, estimant que les sanctions prises jusqu’à présent n’ont «fondamentalement» pas affecté le secteur énergétique russe.
Selon le dirigeant lituanien, les Vingt-Sept doivent «ajuster leur trajectoire» pour exercer davantage de pression sur Moscou, qui, après dix mois de guerre et de sanctions, «poursuit son invasion de l’Ukraine», selon le «Baltic Times».
«Paradoxalement, la politique de sanctions a le même impact sur nos économies, alors que les conséquences pour l’économie russe sont, je dirais, contradictoires», a déclaré le président lituanien lors d’une conférence de presse conjointe avec le président roumain Klaus Iohannis à Vilnius.
«Le président (roumain) et moi-même constatons que les résultats financiers de Gazprom sont loin d’être mauvais, car même s’ils ont vendu beaucoup moins de gaz, ils ont réussi à profiter de la forte hausse des prix du gaz», a déclaré M. Nauseda.
C’est pourquoi le président lituanien – qui a toujours été favorable à des sanctions plus audacieuses – a demandé une évaluation de l’impact de la politique commune de sanctions contre le Kremlin jusqu’à présent et un «ajustement» de la trajectoire.
Il a notamment exhorté Bruxelles à se mettre d’accord sur un neuvième train de sanctions couvrant «le plus large éventail possible de domaines et d’individus», selon le journal.
«Cela devrait être un grand pas en avant pour inclure l’industrie militaire, pour inclure les banques russes restantes dans la perturbation et pour inclure Rosatom, qui est directement impliqué dans cette agression nucléaire contre l’Ukraine. Sans parler des juges de la Cour constitutionnelle et de tous les autres qui contribuent aux actions du régime criminel en Ukraine», a affirmé le dirigeant lituanien.
«J’espère que nous pourrons franchir cette étape et trouver un consensus entre les États membres de l’UE», a-t-il ajouté.
Le président roumain a déclaré qu’il partageait la position du président lituanien, réaffirmant que des «mesures plus sévères» devaient être prises à l’encontre de la Russie.
«Quant aux sanctions (…) nous avons discuté de cette question lors de notre réunion. Des mesures plus sévères sont nécessaires de notre part», a répété M. Iohannis.
À ce jour, l’UE a imposé huit trains de sanctions contre les exportations de pétrole et les hauts responsables russes depuis que le président russe Vladimir Poutine a ordonné à ses troupes d’attaquer l’Ukraine le 24 février.






